
Invité du journal de NC la 1ère le vendredi 23 octobre, le président du Rassemblement, membre du gouvernement chargé des mines et de l’énergie, a présenté les priorités et la méthode pour redonner un avenir à la filière nickel.
Trois jours plus tôt, une étape importante avait été franchie. Le mardi 20 octobre, à la Station N, Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, a signé avec Milakulo Tukumuli et Alcide Ponga un protocole d’accord sur le nickel. Ce texte, porté depuis le déplacement d’Alcide Ponga à Bruxelles au printemps, pose un cadre de coopération entre la Nouvelle-Calédonie et l’Europe. Il reste désormais à lui donner un contenu concret.
L’énergie, première condition de la compétitivité
Le diagnostic est connu : coûts énergétiques élevés, perte de compétitivité et difficultés financières des opérateurs pèsent sur les trois usines. Pour Alcide Ponga, la reconquête passe d’abord par le prix de l’énergie : la compétitivité ne pourra revenir qu’à condition de le faire baisser. Le partenariat européen doit permettre de présenter aux investisseurs les besoins de la Nouvelle-Calédonie en infrastructures de production d’une énergie plus sûre et moins chère, et d’accompagner la décarbonation des sites industriels.
Diversifier les débouchés
L’enjeu ne consiste pas à charger du minerai à destination de l’Europe. Il s’agit de permettre au nickel calédonien d’alimenter, directement ou après transformation par des partenaires, les industries européennes qui en ont besoin. Dans un marché dominé par la production indonésienne et les capitaux chinois, ouvrir une seconde voie commerciale réduit la dépendance de la filière à un seul acheteur.
Un cadre lucide, sans promesse excessive
Alcide Ponga n’a jamais présenté ce protocole comme une solution miracle. Il a reconnu qu’il ne garantit aucun investissement et n’a pas vocation à financer les pertes d’exploitation, à recapitaliser les usines ou à se substituer à leurs actionnaires. Sa valeur tient à ce qu’il permet de construire : dans les six mois qui suivent la signature, Nouméa et Bruxelles doivent élaborer une feuille de route recensant les actions concrètes, les projets prioritaires et les opportunités d’investissement, suivie par un groupe de travail.
Le constat est partagé par les industriels. Le directeur général de la SLN, Guillaume Kurek, s’est dit satisfait du cadre fixé et a rappelé la nécessité de gagner en compétitivité face aux producteurs chinois, ce qui suppose un soutien à l’énergie.
Une méthode : avancer avec tous les acteurs
Cette feuille de route ne s’écrira pas depuis les seuls bureaux de Nouméa. Depuis septembre, Alcide Ponga a rencontré les maires, les autorités coutumières et les acteurs locaux des communes minières, puis les représentants des salariés, pour parler emploi, fiscalité minière, réglementation et énergie. Pour lui, l’avenir du nickel et de l’énergie ne peut se construire sans les communes, les autorités coutumières et les populations qui vivent ces activités au quotidien.
Le temps presse, et Alcide Ponga le dit sans détour : « Si on reste sur les vestiges du passé, on va continuer à sombrer », déclarait-il le jour de la signature. Le Rassemblement soutient cette démarche, fondée sur la lucidité, le travail avec l’ensemble des partenaires et la recherche de retombées concrètes pour les Calédoniens.
Le nickel sera également au cœur de l’atelier « Refonder la filière nickel » du Campus des 50 ans, le samedi 28 novembre à l’Hippodrome de Boulouparis. Inscriptions sur rassemblement.nc/campus.
▶️ Retrouvez l’intervention d’Alcide Ponga au JT de NC la 1ère du 23 octobre sur la page Facebook du Rassemblement.


